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Demain, j'engage un sans-papier
Demain, j'engage un sans-papier

Le Parti démocrate chrétien genevois propose un "chèque apprentissage" pour les jeunes sans papier qui ont effectué leur scolarité à Genève, afin qu'ils puissent terminer leur formation. Depuis quelques années, il existe dans beaucoup de cantons des chèque service ou chèque emploi qui permettent aux sans-papiers de s'affilier aux assurances sociales. Ces services explosent d'ailleurs....Est-ce une bonne solution pour que les sans-papier en aient, justement, des papiers? Vous êtes patron de PME, responsable de ressources humaines, seriez-vous disposé à prendre un jeune sans papier en apprentissage? Vos informations sont attendues sur Virus.rsr.ch

Diffusion le 2008-04-18

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L'ENQUETE

by Daniel Schwab publié le 2008-04-24 17:55

Tous les milieux concernés, patronaux comme syndicaux sont d’accord sur un point : il faut arrêter avec l’hypocrisie actuelle. Les jeunes sans papiers sont autorisés à suivre la scolarité obligatoire et dans leurs classes, ces jeunes se montrent en général ouverts, intégrés et travailleurs. Mais après les problèmes commencent. La formation professionnelle dépend de la législation fédérale et sans papiers, pas de contrat de travail possible. L’impasse donc

Cette hypocrisie est, de l’avis du secrétaire syndical Thierry Horner, d’autant plus inacceptable que la Suisse va manquer de main d’œuvre qualifiée dans un certain nombre de professions manuelles. Quant aux critiques que ces jeunes sans papiers à qu+i on offrirait une possibilité d’entreprendre un apprentissage  prendraient la place de jeunes Suisse, c’est, pour Thierry Horner un faux débat d’autant que, pour le canton de Genève, cette solution ne concernerait que quelques dizaines de personnes par année.

Les milieux patronaux, à l’image de leur secrétaire Blaise Matthey  reconnaissent le gaspillage de forces vives que représentent ces jeunes sans papier. Mais, au vu de l’évolution actuelle de la législation fédérale vis à vis de étrangers, engager des sans papiers pour une formation représente un risque que Blaise Matthey ne recommande pas.

De son côté, la motionnaire Anne-Marie Von Arx-Vernon, reconnaît que sa proposition représente une bonne « piqûre de rappel » face à a situation actuelle. Elle rappelle toutefois que la proposition genevoise d’ouvrir l’école obligatoire aux enfants de sans papiers avait suscité l’émotion à l’époque, avant d’être généralisée au niveau de la Suisse entière.

Cette question des enfants sans papiers ne laisse pas les autorités fédérales indifférentes. Mais l'office fédéral des migrations rappelle que ce problème est du ressort des cantons et qu'il faut attndre que la nouvelle loi sur lesétrangers déploie ses effets. Il n'empêche que la question a interpelé l'ancienne commission des étrangers. La responsable du groupe de travail «  sans papiers » de cette commission a du reste mis ce problème à l’agenda de la nouvelle commission (commission fédérale pour les questions de migration). Faute de temps à disposition, la commission ne pourra pas en débattre lors de sa prochaine réunion agendée en mai . Le problème sera certes repris mais pour Francis Matthey, président de la commission, la situation est à peu près bloquée. D’une part à cause du durcissement de la situation, introduit par la nouvelle loi sur les étrangers en vigueur depuis janvier, et d’autre part à cause de l’introduction de la nouvelle loi sur le travail au noir.  

Pour l’avenir des jeunes après l’école obligatoire, les solutions ne sont pas légion : rien ou du bricolage comme le propose le canton de Genève,  en pointe à ce niveau. Selon Grégoire Evequoz, directeur de l’office d’orientation et de formation professionnelle, diverses filières scolaires post-obligatoires permettant à ces jeunes de se former. Mais tôt ou tard, ils retombent dans la clandestinité.

 

Liens

Interview d’Anne-Marie Von Arx-Vernon députée à l'origine de la motion

Texte de la motion