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Vous vous dopez?
Vous vous dopez?

Les adeptes de la musculation, et autres sportifs amateurs, cyclistes, coureurs, athlètes, se dopent-ils un peu, beaucoup, énormément? On n'a jamais autant parlé de dopage dans le sport non professionnel que ces dernières semaines. Mais le sujet reste tabou.

Diffusion le 2006-09-08

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Oui, on se dope dans le sport amateur...

by Francesca Argiroffo publié le 2006-10-19 10:57

Vous dopez-vous un peu, beaucoup, passionnément ? Le dopage dans le sport amateur suscite une avalanche de commentaires avisés et quelques témoignages très parlants. Beaucoup dénoncent l’hypocrisie du milieu sportif et de la société en général : comment être à la fois contre le dopage et vouloir des compétitions toujours plus spectaculaires ?  Commentaire de Patrick Jeandrain, triathlète amateur de 42 ans et non-dopé précise-t-il si ce n'est aux vitamines « Je jette la pierre à la surmédiatisation de certains sports qui oblige les sportifs à toujours faire mieux, toujours repousser les limites qui, si elles ne sont pas dépassées, vont faire chuter l’audience. » La course à la performance devient vite aussi course à l'égo avec la visibilité toujours plus grande de compétitions comme le Morat-Fribourg, le Grand Raid ou Sierre-Zinal.  «Qu’est ce qui peut pousser quelqu’un à vouloir  passer de la 3000ème place à la 1500ème, si ce n’est de vouloir épater son voisin ?» constate Michel Golay, fondateur d'Athletica, un centre d'entraînement et d'évaluation de la performance, à Genève.

Les commentaires et les témoignages (courageux, même si anonymes) qui nous sont parvenus,  de même que l'enquête que nous avons menée en interrogeant des experts et des médecins du sport nous permettent de dessiner une géographie un peu plus précise de qui se dope, avec quels produits et dans quels milieux. Et de constater qu'il n'y a pas un problème de dopage, mais des problèmes de dopage.

Les plus enclins à en parler dans le sport non-professionnel ce sont les body-builders. Peut-être parce que les produits qu'ils utilisent ont un effet...visible à l'oeil nu. Ed (pseudo.), qui pratique du body-building depuis dix ans nous écrit qu'il prend des stéroïdes de façon régulière, bien que "prudente": testostérone, nandrolone, dianabol, trenbolone, winstrol, le genre de produits utilisés varie peu. Pourquoi se dope-t-il? Pour des raisons esthétiques et pour améliorer ses performances: "En fait c'est pour dépasser son potentiel naturel que l'on se décide à passer le cap". Et si il se soumet à des contrôles médicaux réguliers,  avec un médecin que l'on peut qualifier de "compréhensif", il dit que le plus souvent les personnes inexpérimentées doivent se débrouiller toutes seules "avec des conséquences qui peuvent être sérieuses".

Selon une étude de 2002, soutenue par l'Union européenne et menée en Allemagne, Belgique, Italie et Portugal, il ressort que 6% des usagers des centres de fitness reconnaissent recourir à des produits dopants. En Italie, qui connait les loi anti-trafic les plus pointues d'Europe, les descentes dans les salles de musculation ont permis de constater que 15% des salles sont en main de la mafia et que le trafic de stéroides anabolisants est devenu extrêmement lucratif. "Plus de 75% des produits saisis sont destinés aux salles de musculation" relève Sandro Donati, le spécialiste italien de la lutte anti-dopage, que j'ai interrogé, "d'autres disciplines comme le cyclisme, le marathon ou le ski se partagent le 25% restant".  Mais il est vrai aussi que ce ne sont pas seulement les body-builders qui fréquentent les fitness, et que ce marché-là s'écoule aussi en dehors. Alors à quoi se dopent les coureurs, les marathoniens ou les cyclistes amateurs? Difficile de le savoir car l'omertà est la règle. Nous n'avons reçu aucun témoignage et si nous les sollicitons, c'est le mutisme total. Bien sûr, beaucoup ont des doutes, ne serait-ce, nous dit un étudiant en médecine et athlète au niveau européen, "parce que la production mondiale d'EPO est 200% supérieure aux besoins médicaux reconnus". Et puis il y a ceux qui flirtent avec la ligne rouge.  Ceux qui nous parlent de l'utilisation de sprays au Ventolin lors de la Haute route (un spray utilisé par les asthmatiques pour dilater les voies respiratoires). Des aspirines ou anti-douleurs pris avant une course. Des compléments alimentaires ingérés à haute dose. Chacun fait sa petite cuisine de son côté. Et les avis en faveur de contrôles plus stricts au niveau amateur se multiplient. "Faire un test aux cinq premiers de chaque compétition serait le meilleur moyen " nous dit un internaute sur le site. Radical, certes, mais est-ce dissuasif?

Je reprendrais bien une plaque de chocolat!

by Francesca Argiroffo publié le 2006-10-19 10:55

Le dopage dans le sport amateur? Bien sûr qu'il existe! C'est ce qu'on entend partout. Mais qui se dope, avec quels produits, et dans quelle proportions, mystère...pour son premier sujet, VIRUS se penche sur ce phénomène qui semble s'être développé surtout dans les salles de fitness où les contrôles sont inexistants.

Pour briser un peu « l' omertà », et surtout pour avoir une idée un peu plus exacte du phénomène du dopage dans le monde du body-building, mais aussi dans d'autres disciplines du sport amateur, livrez-nous toute information qui nous permettra d'aller au delà des rumeurs. Si vous avez pris ou continuez à prendre des produits dopants, votre témoignage (anonyme, cela va de soi, si vous le souhaitez) sera le bienvenu.